Interview de Monsieur Loïc Duchamp

 

Monsieur Loïc Duchamp, 26 ans, généalogiste touristique et familial et Président de l’association de tourisme généalogique MoveyourTour nous offre la chance de pouvoir l’interviewer sur son activité.

 

Questions/ Réponses :

 

  1. Pourrais-tu nous présenter un peu ton parcours ?

Oui bien sûr ! Alors, j’ai réalisé des études dans le domaine touristique, pour être plus précis j’ai acquis un niveau BTS tourisme avec le Centre National d’Etudes à Distance (CNED) pour devenir technicien d’accueil touristique puis j’ai enchaîné sur un Diplôme Universitaire Entrepreneuriat en création d’entreprise à l’ Institut d’Administration des Entreprises (IAE) de Bayonne, finalement j’ai complété avec un second Diplôme Universitaire en Généalogie Familiale à l’Université de Nîmes (mention Bien) qui est la meilleure formation dans ce domaine. Aujourd’hui je suis à mon propre compte en tant que généalogiste touristique et familial et je suis également Président d’une association de tourisme généalogique nommée Move your Tour.

 

  1. Comment t’es venu ton intérêt pour la généalogie ?

La généalogie m’est venue vers mes 18 ans, transmise par ma mère qui elle-même faisait des recherches généalogiques depuis quelques temps. En effet, elle enquêtait sur la famille de son père qu’elle ne connaissait absolument pas, une famille où se sont succédés de nombreux drames : mon arrière-grand-mère est décédée lorsque mon grand-père était jeune, décédée suite à une crise d’albumine (surplus de sucre dans le sang), maladie qui touchait de nombreuses femmes enceintes à cette époque. Sa famille est marquée par des morts peu communes : je pourrai citer mon trisaïeul décédé pendant la guerre d’un obus reçu en pleine face, selon un document récupéré auprès de la Croix-Rouge qui l’atteste, ou encore le père de ce soldat qui pourrait avoir été assassiné, par Joseph Vacher le 4 Novembre 1896, un des premiers tueurs en série français. Cet ancêtre maquignon fut tué en revenant du Café Derne à Bougé Chambalud, il ne revint jamais chez lui à Epinouze. Seul son cheval revint au domicile familial, il sera retrouvé le lendemain gisant sur la route et il expira dans son lit le 4 novembre 1896 mort avec le crâne écrasé par des sabots. On aurait pu supposer qu’il s’agisse d’un voleur de grands chemins mais le corps du défunt n’avait pas été pillé. Ce qui est d’autant plus troublant, c’est qu’il n’avait pas le profil type de victime pour Joseph VACHER, bien que ce dernier de part ses impulsions meurtrières tuait tout ce qui bougeait sur son passage … Un cousin éloigné du côté paternel de celui-ci est guillotiné sur ordre d’un juge de paix pour le meurtre de son beau-frère, et l’on découvre après quelques recherches que son meurtre avait été commandité par le juge lui-même, amoureux de la sœur du condamné. Une autre aïeule, cette fois ci côté paternel, nommée Catherine PEALLA veuve JOUBERT est morte à 65 ans poignardée par un mystérieux personnage connu du voisinage, il l’a tué de plusieurs coups de couteaux dans le dos.

Les anecdotes drôles ne manquent pas non plus dans les recherches que j’effectue pour mes clients, pour l’un d’eux, j’ai mis au jour un meurtre dans un cimetière. La victime était un pharmacien tombé dans un guet-apens, il a été étranglé et l’on a essayé de faire passer ce meurtre pour un suicide mais la corde est retrouvée à plusieurs mètres du corps. Le cimetière s’en retrouve désacralisé durant une semaine, le temps d’organiser une cérémonie pour purifier l’endroit ! Une autre histoire plutôt insolite concernant l’aïeule d’un de ses clients , elle devient veuve à 37 ans, elle se marie avec le frère de son ex-belle-mère, qui avait 80 ans. Ils restent mariés onze ans jusqu’à la mort de l’époux. On pourrait penser que cette dernière attend la mort du vieil homme pour empocher son argent, cependant on apprend dans leur contrat de mariage que c’est elle qui apporte l’argent et doit subvenir à l’éducation de ses enfants. Les histoires passionnantes ne manquent pas sur Gallica qui regroupe de nombreux articles de la presse ancienne.

  1. Qu’est-ce que l’association MoveyourTour dont tu es le Président ? A qui s’adresse t-elle ?

L’association MoveyourTour promeut une valorisation du patrimoine local et propose des offres touristiques au travers de la généalogie. Cela peut se faire sous forme de parcours soit sur la vie de vos ancêtres soit sur celle d’une personnalité locale. Elle s’adresse à tout le monde, vieux comme jeune, des familles, des français, des voyageurs à la recherche de leurs racines ou tout simplement des amateurs d’histoire. Notre association propose à côté de cela des services de recherches généalogiques classiques. Le nom que nous lui avons donné n’est pas choisi par hasard, un nom à consonance anglophone car elle a vocation à être internationale, une partie de notre clientèle est étrangère et nos activités sont implantées dans plusieurs pays. Nous avons tout de même cherché un nom qui serait compris par ceux qui ne parleraient pas la langue de Shakespeare avec des mots transparents : Move pour l’idée de mouvement, de déplacements ; your pour indiquer la personnalisation ; et Tour pour le tourisme. Nous avons rajouté une accroche « Marcher sur les traces de vos ancêtres, le voyage au service de la généalogie » pour souligner que c’est vous qui ferez le voyage et que nous vous aiderons dans son organisation. Nous avons notre page Facebook et notre site internet où nous vous dévoilons quelques-unes de nos enquêtes, je vous invite à y jeter un coup d’œil. Je créé aussi des émissions radios pour parler de personnalités locales ou de thématiques liées à la généalogie.

 

  1. Combien de membres compte-t-elle et quelles régions couvrent-elle?

Move your Tour se compose de 16 ambassadeurs : 4 à l’étranger, sur la Suisse, l’Espagne (Catalogne), l’Italie  du Nord (de Turin jusqu’à Milan) et la Belgique.  Le reste de nos ambassadeurs se concentrent sur le reste de la France : dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, la Normandie et le Nord-Pas-de-Calais, l’Ile-de-France, la région PACA et l’Occitanie, je m’occupe pour ma part des départements de de l’Ardèche et de la Drôme ainsi que de la région du Velay et le département de l’Isère, il nous manque encore des ambassadeurs sur le littoral atlantique : la Bretagne et le Sud-Ouest notamment dans la région bordelaise et dans le Grand-Est. Si au passage certains seraient intéressés, vous pouvez directement envoyer votre C.V et votre lettre de motivation à moc.r1618779665uotru1618779665oyevo1618779665m@tca1618779665tnoc1618779665.

 

  1. As-tu rencontré des difficultés dans la création de l’association ? Est-ce que la COVID-19 a joué un impact dans ton installation ?

Bien évidemment, comme tout nouvel entrepreneur, dû au large spectre de recherches, que ce soit dans la recherche d’ambassadeurs, dans la recherche de circuits à proposer ou dans la recherche de financements pour notre projet. En raison du contexte sanitaire nous avons eu beaucoup de financements annulés, de nombreux contrats qui n’ont pas pu se faire et forcément cela a eu un impact financier conséquent sur nos activités.

Au jour d’aujourd’hui ce n’est pas une activité dont je peux vivre, je suis obligé d’occuper un poste à côté dans le domaine touristique. J’ai installé ma micro-entreprise de recherches généalogiques en 2019 mais j’espère pouvoir vivre pleinement de cette activité de tourisme généalogique d’ici 5-6 ans, si les conditions deviennent plus propices [ndlr : et c’est tout ce qu’on lui souhaite].

 

  1. Pourrais-tu conseiller le DU de généalogie de Nîmes ? Qu’est-ce qui t’a plu et au contraire déplu dans cette formation ? quelles sont les matières abordées ?

Oui sans aucun souci, il s’agit d’une formation vraiment très complète que l’on peut réaliser en présentiel ou à distance. J’ai beaucoup apprécié le contenu du programme notamment les cours de paléographie et d’héraldique, nous avons été amenés à réaliser de la paléographie jusqu’en 1600 par exemple. Ce que je pourrai reprocher à ce diplôme, c’est que certains points sont trop théoriques, le dossier de recherches généalogique que nous devons réaliser commence très tardivement alors que le diplôme ne dure pas une année complète. Le niveau exigé aux examens d’histoire moderne est conséquent et bien que l’héraldique soit une matière fort intéressante, j’aurai apprécié travailler sur davantage de famille après la Révolution Française.

 

  1. Est-ce que tu penses que la généalogie peut être un sujet qui intéresse les jeunes ?

Absolument, mais ce que je constate, c’est que les jeunes s’y intéresse encore de manière solitaire. Ce constat se fait aussi dans les associations et cercles généalogiques, où l’on retrouve peu de jeunes. C’est pourquoi il faut trouver des moyens de rassembler toutes ces personnes, de les faire se rencontrer, que ce soit en ligne ou ailleurs, trouver comment les intéresser à notre passion commune. C’est en tout cas ce que je tente de faire via mon association et ma micro-entreprise en leur proposant de parcours des lieux où ont vécus leur ancêtre, de rencontrer des acteurs de l’histoire locale.

 

  1. Pourrait-t-on proposer, selon toi, les recherches généalogiques dans les établissements scolaires ?

Oui car la généalogie est une vraie discipline, au même titre que d’autres sciences : elle intègre des notions d’une part de philosophie pour comprendre la mentalité et les idées de nos ancêtres, d’autre part de géographie du fait que l’on peut avoir des origines plus ou moins lointaines et finalement de sociologie, car il ne faut pas oublier de mettre un contexte aux histoires qui nous précèdent et qui ont certainement eu un impact sur les déplacements de nos ancêtres dans le temps. Je monte avec mon équipe un projet en partenariat avec une radio pour sensibiliser les jeunes dans les établissements scolaires à ce sujet.

 

  1. Que conseillerais-tu à des jeunes qui souhaiteraient plus tard se lancer dans des activités en rapport avec la généalogie ?

Qu’ils s’arment de beaucoup de patience avant tout, qu’ils soient passionnés et investis dans ce qu’ils font. Je dirai qu’il ne faut pas avoir peur des freins, des obstacles il y en aura toujours, comme je l’ai dit j’en ai personnellement rencontré au moment de mon installation. Pour terminer avoir un réseau, essayer de le construire le plus tôt possible, j’ai débuté le mien il y a de cela 8 ans et multiplier les rencontres et les contacts avec des professionnels.

 

 

  1. Une question peut-être un peu bête mais comment peut-on te joindre sur les réseaux ?

 

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Le site de MoveYourTour : https://www.moveyourtour.com/

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